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La photo animalière et de nature

Un safari photo reste une expérience inoubliable et marquante pour tout photographe amoureux de faune sauvage et de grands espaces, un rêve d’enfant même à notre époque. Voici quelques conseils pour vous préparer comme il se doit afin de vivre pleinement cette expérience initiatique.

Photo : Bruno Calendini I vision-sauvage.com

Photo : Bruno Calendini I vision-sauvage.com

Photo : Bruno Calendini I vision-sauvage.com

Photo : Bruno Calendini I vision-sauvage.com

Photo : Harman Heer

Photo : Harman Heer

Photo : Kyriakos Kaziras

Photo : Kyriakos Kaziras

Photo : Lilian Rodriguez

Photo : Lilian Rodriguez

Photo : Marina Cano

Photo : Marina Cano

Photo : Steve Bloom

Photo : Steve Bloom

Photo : Marina Cano

Photo : Marina Cano

Photo : Tobias Hägg

Photo : Tobias Hägg

Photo : Bruno Calendini I vision-sauvage.com

Photo : Bruno Calendini I vision-sauvage.com

« Un safari n’est pas un circuit organisé : on doit s’assurer que la prestation s’adaptera aux opportunités de prise de vue. Votre préparation nécessitera aussi un gros effort de documentation »

« la composition est décisive dans l’impact de votre cliché. N’hésitez pas à voir large en intégrant votre sujet dans le paysage pour donner une échelle. »

« Essayez de vous placer le mieux possible par rapport au soleil, les caractéristiques du lieu (végétation, point d’eau, ombres, etc) et le mouvement réel ou futur de l’animal. »

« Sur les pistes apprenez à dominer votre émotion, aidé en cela par la documentation et les connaissances acquises sur le comportement animal avant votre voyage. »

Se préparer à une vraie aventure

Un safari photo se prépare dans les moindres détails. En premier lieu, il vous faudra décider sur quels parcs et quels territoires vous allez opérer. Kenya, Tanzanie, Botswana, Zambie, Afrique du Sud… Chacun de ces pays présentent des particularismes (biotopes, animaux, accès) qui vont conditionner votre expérience.

Le choix de la saison est primordial pour jauger des conditions de prise de vue que vous allez ou voulez rencontrer (végétation, migration, pluie) et du confort que vous êtes prêt à endurer.

Le Kenya et la Tanzanie sont certainement les destinations les plus courues et les plus accessibles tandis qu’au Botswana, en Zambie voire en Afrique du Sud, apôtres d’un tourisme plus élitiste via des concessions privées, l’observation est moins contrainte mais n’est pas à la portée de toutes les bourses.

Comment choisir ? L’une comme l’autre option offrent les conditions d’une expérience photographique exceptionnelle mais différente.

Les grands parcs comme le Masaï Mara (Kenya) ou le Serengeti (Tanzanie) offrent des écosystèmes (selon les saisons), des milieux (savane) et une politique de préservation qui vous permettra de pouvoir observer facilement un grand nombre d’animaux (dont le fameux Big Five : Lion, buffle, éléphant, léopard et rhinocéros).

Au Botswana ou en Zambie l’accès aux sites est du ressort du gestionnaire de la concession où vous irez. Outre un accueil limité, il est possible de s’aventurer dans la brousse hors des pistes principales (à pied parfois), de faire des safaris de nuit et de bénéficier de prestations personnalisées.

Cette liberté a un coût (évidemment) qui s’additionne aux coûts d’entrée des parcs et aux pourboires des guides et représente un budget conséquent. Mais quelle expérience ! Il vous faudra aussi décider si vous souhaitez un parcours itinérant en tentes ou si vous opérerez à partir d’un lodge tout confort qui fera office de camp de base.

Ce qui aura une incidence logistique notamment pour recharger vos accus ou effectuer vos sauvegardes. En ce sens le choix de l’opérateur qui organisera votre voyage est crucial.

Sont-ils spécialisés dans les voyages photo ? Quelle est leur politique commerciale (éthique, garantie de rapatriement, expérience) ? Quelle est  la taille maximale des groupes ? Quels véhicules utilisent-ils sur le terrain ?

Ces détails ne sont pas anodins : photographier dans un 4×4 dont le toit est escamotable est un vrai plus plutôt que de devoir composer avec l’espace exigu d’un minibus cumulé à la présence d’une dizaine d’individus, surtout avec un téléobjectif.

N’hésitez pas à poser les bonnes questions au moment de réserver votre voyage. Il n’y a rien de plus frustrant que de partir avec un groupe dont la photo n’est pas l’objectif du voyage. Un safari n’est pas un circuit organisé : on doit s’assurer que la prestation s’adaptera aux opportunités de prise de vue et au temps nécessaire pour profiter des belles lumières ou des scènes photographiques.

Votre préparation nécessitera aussi un gros effort de documentation. N’hésitez pas à vous procurer des guides naturalistes qui détaillent saisons, milieux, espèces et comportement pour anticiper le contexte des prises de vue sur le terrain.

Découvrez l’ensemble de

Révisez votre anglais et apprenez la désignation en anglais des animaux. La lecture de revues spécialisées sur la faune sauvage ou de guide naturaliste est recommandée.

Citons à titre d’exemple l’excellent Kenya, Tanzanie : Le guide du safari faune et parcs aux éditions Marcus parmi la multitude de ressources disponibles sur ces sujets.

Enfin visitez les sites et les comptes Instagram de photographes professionnels reconnus qui sont autant de pistes pour trouver l’inspiration, des idées de composition et acquérir des réflexes techniques que vous tacherez de transposer une fois sur le terrain.

Comment s’équiper pour un safari ?

En safari privilégiez un matériel robuste et tropicalisé car la vie sur les pistes soumet le matériel à de rudes épreuves (poussière, vibrations, chocs). D’une manière générale optez pour un appareil à objectif interchangeable (hybride ou reflex), doté d’une bonne définition, d’un excellent mode rafale (7 im/s est un minimum) doublé d’un autofocus fiable notamment avec des fonctions de suivi du sujet éprouvées (voir encadré).

Notez que si vous optez pour un hybride, l’absence de miroir nécessitera d’être très précautionneux lorsque vous changerez votre objectif puisque le capteur est très exposé. Un kit de nettoyage ainsi qu’une bombe à air sec sont alors indispensables pour parer aux poussières indésirables.

Partir avec deux boîtiers peut être une solution pour éviter cette déconvenue ou bénéficier de focales (grand angle versus téléobjectif) prêtes à l’emploi. Le choix du capteur (24×36, APS-C ou micro 4/3) est affaire de préférence et du parc optique à votre disposition. Néanmoins n’oubliez pas quelques principes fondamentaux.

Plus le capteur est grand et plus il sera à même d’offrir des performances très élevées dans la gestion des hautes sensibilités et de jolis flous d’arrière plan (le bokeh) pour isoler ses sujets. De même il offrira une plage dynamique plus grande, ce qui a son importance au regard des forts contrastes de lumière qui peuvent survenir en milieu de journée en safari.

Souvenez vous, la combinaison des réglages d’exposition (ouverture, sensibilité) et de la distance focale ont une grande incidence sur la profondeur de champ. À réglage équivalent, plus la focale est grande et plus la profondeur de champ réduite ; inversement cette dernière s’allonge quand on utilise un grand angle. Gare alors aux erreurs de mise au point quand vous utiliserez votre téléobjectif.

Si vous ne maîtrisez pas encore cette gymnastique certains appareils proposent un testeur de profondeur de champ qui permet de distinguer les plans nets de ceux qui seront flous avant de déclencher. Enfin la taille du capteur a une autre incidence pour le photographe animalier.

Et c’est une aubaine pour nombre d’amateurs. Son format induit un coefficient multiplicateur qui peut s’avérer précieux si vous n’êtes pas équipé de téléobjectifs puissants, au-delà de 400 mm. Ainsi un capteur APS-C multipliera la longueur focale par 1,5 (un 300 mm natif devient un 450 mm) tandis qu’un imageur au format micro 4/3 doublera cette dernière (un 300 mm natif devient un 600 mm).

Ce qui optimise l’encombrement du matériel. Prenons l’exemple d’un Olympus : le dernier OM-D, l’ E-M1X construit autour de la technologie micro 4/3. Monté d’un M.Zuiko Digital ED 75‑300 mm F4.8‑6.7 II (environ 549 €), il offre un range de 600 mm pour des dimensions ultra-compactes (116,5 x 60 mm) et un poids de 423 g ; quand des objectifs traditionnels pèsent plusieurs kilos et coutent quelques milliers d’euros.

Le bénéfice est donc important même si les ouvertures sont plus modestes sur ces zooms grand public ; lesquelles peuvent être compensées par une montée en Iso et la stabilisation jusqu’à cinq axes chez certains constructeurs (capteur plus optique).

Notez que ces performances peuvent être encore décuplées en adjoignant un multiplicateur de focale (x1,4 à x2 dans notre exemple) Celui-ci est une solution précieuse si vous ne possédez qu’un 70-300 mm et n’envisagez pas d’acheter un téléobjectif puissant. Autre avantage, en environnement confiné, la manipulation de très longues focales peut-être très limitée.

En l’occurrence ici l’encombrement de cette combinaison est un réel avantage. Aujourd’hui, de par les progrès techniques considérables, la photo animalière n’est plus l’apanage des photographes dont la seule bourse permettait de pouvoir accéder à de tels équipements, inabordables par le passé.

Notez qu’il existe aussi de plus en plus des solutions de location qui peuvent être un moyen de s’équiper à moindre frais le temps de votre safari. L’autre dilemme à résoudre est le choix d’emporter une focale fixe ou un zoom.

Si les performances optiques sur une focale fixe restent légèrement supérieures, la souplesse d’utilisation et les performances actuelles des zooms modernes sont un compromis redoutable. La catégorie des 100-400 mm (Canon, Tamron, Sigma, Sony, Fujifilm) ou des 150-600 (Tamron, Sigma) ou encore 200-500 mm chez Nikon sont une véritable aubaine pour les amateurs de photographie animalière.

Cette réflexion est d’autant plus importante que les performances en hautes sensibilités des boîtiers récents permettent d’ouvrir le débat sur le choix des ouvertures natives : f/2.8 ou f/4. Ce critère a une influence directe sur l’encombrement sans renoncer à des performances optiques élevées, même à f/4 et l’investissement financier à consentir pour de tels équipements reste raisonnable.

N’hésiter pas à compléter votre choix en emportant un grand-angle voire un objectif macro. Un safari est aussi l’occasion de réaliser des photos de paysage, des portraits (guide, ethnies locales, etc) ou de flore et d’insectes qui vont donner une autre dimension à votre reportage.

Dans ce registre, un 24-70 mm offre une polyvalence bienvenue, lequel est disponible en f/2.8 ou f/4 chez la plupart des fabricants du marché, stabilisé et avec une distance de mise au point minimale précieuse pour la proxy-photographie afin d’appréhender ces possibilités de prise de vue. Reste qu’un ultra grand angle (à partir de 10 mm) et un objectif macro (rapport 1:1) sont des solutions idéales.

Dernier critère à prendre en considération, l’autonomie est vitale. Par précaution on veillera à emporter plusieurs accus (2 à 3 est un minimum). C’est encore plus vrai avec des appareils hybrides ; le tout électronique (visée, stabilisation, etc) ayant de forte répercussion sur les accus même si l’introduction d’un mode de recharge par USB-C (voir encadré) est une vraie innovation qui rend de grands services sur le terrain.

Côté accessoires, Il y a plusieurs outils indispensables en safari. Un monopod et un bean bag (petit sac en toile rempli de riz qui se pose sur le rebord d’une portière pour stabiliser son objectif) sont inévitables et bien plus utiles qu’un trépied dont l’encombrement est difficilement compatible avec la prise de vue à bord d’un véhicule, au bémol près si vous avez une sortie en bateau prévue.

En matière de rotules, les modèles pendulaires sont un must have. Ils permettent un véritable confort d’utilisation surtout avec des téléobjectifs lourds et volumineux. C’est un outil idéal pour pointer un sujet furtif ou soudain grâce à un système de gestion des mouvements verticaux et horizontaux pour gérer l’équilibre de votre système (boîtier + objectif) sans fatiguer.

En photographie animalière c’est souvent le cas. Reste qu’une rotule classique, fluide et robuste, est aussi efficace si on ne veut pas être jusqu’au-boutiste, ni trop se spécialiser. Côté carte mémoire, n’hésitez pas à opter pour de grandes capacités qui vous éviteront de changer trop souvent ou bien de vous retrouver piégé lors d’une scène parce que votre carte est pleine ; surtout avec la définition actuelle des capteurs et l’enregistrement en Raw.

N’omettez pas d’emporter un disque dur pour effectuer des sauvegardes régulières de vos prises de vue ; ce qui évitera des manipulations malencontreuses au niveau des cartes mémoires et préparera la phase d’editing à votre retour grâce à une nomenclature claire et précise (par jour, par site, par espèces) Enfin des filtres (polarisant, dégradé) sont toujours précieux car ils peuvent permettent d’équilibrer des scènes soumises à de forts contrastes surtout en milieu de journée.

Autre accessoire plaisant à posséder en safari : une bonne paire de jumelles (voir encadré). C’est un agrément de voyage qui procure un vrai plaisir dans l’observation et permet d’être actif lors du pistage des animaux au côté des guides. Gardez à l’esprit que tout ce matériel devra tenir dans votre sac photo lequel devra être géré selon la configuration du véhicule et le nombre de participants.

D’où la nécessité de poser toutes les questions nécessaires avant votre départ à votre agence. En petits groupes, vous aurez l’espace nécessaire pour profiter de la banquette du véhicule pour atteler votre sac. Dans ce cas prévoyez des mousquetons et des cordelettes pour sécuriser votre équipement. Sur la piste, les soubresauts sont légions et attention à ce que vos objectifs ne valdinguent pas dans l’habitacle.

Ainsi organisé, vous conservez toute la latitude dans les angles de prise de vue (droite ou gauche) et votre matériel est à vos côtés. Emportez également un carnet et un stylo pour documenter vos clichés surtout si votre appareil ne propose pas de fonction de mémo vocale. Enfin, sachez que les différences de températures sont importantes au cours d’une journée de safari.

Au froid piquant du matin et du soir se succèdent les chaleurs assommantes de fin de matinée et d’après-midi.

Pensez à emporter un bonnet, une casquette, des gants, un anti-moustique et une bonne crème solaire. Un bandeau ou un bandana est aussi précieux pour protéger des zones de votre visage particulièrement exposé à la réverbération (cou, nuque).

Complétez votre équipement par des vêtements chauds et protecteurs type veste polaire, cape de pluie et privilégiez des confections à base de laine Merinos qui assure une bonne isolation.

Paramétrez votre matériel

Votre sac photo est fin prêt. Reste à configurer votre matériel pour en faire un usage optimal sur les pistes. En premier lieu, il vous faudra configurer votre boîtier. Optez pour un enregistrement en Raw qui permettra en post production de rattraper des erreurs d’exposition et de donner du relief et de la profondeur à vos images.

Dans les paramètres choisissez le mode rafale et réglez votre autofocus sur le suivi du sujet (voir encadré). Choisissez, par défaut, le mode Iso auto, tout en prenant soin de limiter la valeur extrême de cet automatisme pour éviter un bruit intempestif.

Activez le mode nettoyage de capteur à l’allumage, c’est toujours une précaution en de tels milieux. Si votre appareil dispose de plusieurs slots carte mémoire, privilégiez la fonction débordement. Ainsi quand la première carte est pleine, l’appareil bascule automatiquement sur le seconde ; à moins que vous ne préfériez allouer le format Raw sur l’une et éventuellement un format Jpeg sur l’autre (Raw +Jpeg dans les paramètres d’enregistrement).

Définissez avec méthode les fonctions clés (Iso, mesure de lumière, mode autofocus, correction d’exposition) aux boutons et autres molettes personnalisables de votre appareil. De base n’hésitez pas à régler la balance des blancs sur le grade auto d’autant que si vous avez choisi le Raw celle-ci se corrige facilement au moyen du curseur dédié de votre logiciel de retouche préféré.

Fixez une nomenclature de nom pour vos fichiers afin d’éviter au moment des sauvegardes que vos premiers clichés ne soient écrasés maladroitement par les seconds. Activez la jauge de votre accu et définissez les informations qui apparaîtront dans le viseur au moment de cadrer.

Pour ceux qui ont un problème avec la gestion de l’horizon et qui ont besoin d’une aide à la composition, l’affichage d’une grille dans le viseur est toujours d’un précieux secours.

Activez le collimateur ou le groupe de collimateurs central comme zone de mise au point et utilisez la fonction de zoom dans l’image via un des boutons pour vérifier la netteté et la zone de mise au point.

Pour découvrir notre sélection d’équipements de photographied’optiquesde matériel vidéode sonde dronesde trépiedsde bagageriede solutions de stockaged’énergiede flashsde produits de téléphonie multimédia, ainsi que des articles d’occasion, rendez-vous sur la page de Phox.fr

Techniques photo

Il existe certaines techniques propres à la photographie animalière et de nature. Lors d’un premier safari, au comble de l’excitation et de l’émerveillement, on a tendance à déclencher plus que de raison confiant au mode rafale de son appareil le soin d’enregistrer la photo parfaite au prix de multiples rafales.

Non seulement vous risquez de vous retrouvez avec une quantité de fichiers impressionnante mais pas forcément avec la photo que vous souhaitiez prendre du fait des limites de la mémoire tampon. Sur les pistes apprenez à dominer votre émotion, aidé en cela par la documentation et les connaissances acquises sur le comportement animal avant votre voyage.

À moins d’une scène exceptionnelle ou rare, observez bien la scène et étudiez la lumière. Soignez votre cadrage et anticipez les compositions possibles à cet instant. Essayez de vous placer le mieux possible par rapport au soleil, les caractéristiques du lieu (végétation, point d’eau, ombres, etc) et le mouvement réel ou futur de l’animal que vous photographiez.

Variez les cadrages : serré, large. Jouez avec la profondeur de champ, les ombres chinoises en contre-jour, les tonalités du paysage. Évaluez les sujets « secondaires » comme par exemple les insectes qui virevoltent autour du bâillement d’un lion, les oiseaux qui font le siège de certains mammifères (buffles, hippopotames), les détails anatomiques du sujet (croc, pied, griffe, corne) pour en faire le plan principal de votre cliché : le sujet dans le sujet.

Effectuez la mise au point sur les yeux de votre sujet en attendant que celui-ci pointe vers le soleil. C’est l’assurance d’obtenir un regard perçant et lumineux qui va imprimer un tout autre rendu à votre cliché.

Autre règle de base quand on utilise de longues focales est la vitesse. Vérifiez que vos réglages (sensibilité, ouverture, focale) vous permettent de tenir la vitesse de sécurité pour éviter les flous de bougé. Celle-ci implique qu’elle soit identique à la focale utilisée. Ainsi si vous êtes à 500 mm, votre vitesse devra être au 1/500ème.

C’est un minimum qui doit être adapté à la vitesse de votre sujet, laquelle peut parfois exiger de tenir le 1/4000ème ou le 1/8000ème pour obtenir un cliché net. Bien entendu la stabilisation sur trois ou cinq axes (selon les marques) permet de s’affranchir de cette règle dogmatique sans pour autant être une garantie absolue quand il faut cadrer vite et bien.

En matière de prise de vue et selon les conditions de lumière, il vous faudra toujours jouer sur l’exposition pour dominer les contrastes. Prenons l’exemple d’une troupe d’éléphants, la masse sombre des pachydermes peut parfois influencer la mesure de la lumière par la cellule de l’appareil.

La dominante sombre du cuir de l’animal surtout en cadrage serré forcera la mesure à surexposer, surtout si vous avez opté pour la mesure matricielle qui repose sur une moyenne des tonalités. Afin de ne pas se laisser déborder par cet automatisme, il est prudent de corriger et forcer la mesure en sous-exposant d’un 1/3 d’IL l’exposition initiale donnée par votre appareil.

N’hésitez pas à faire des tests préalables car tous les appareils n’ont pas le même comportement. Si vous manquez d’assurance optez pour la bonne vieille méthode du bracketing qui consiste à enregistrer trois valeurs d’exposition différentes pour une seule et même photo.

Cela aura inévitablement une incidence sur le volume de fichiers enregistrés mais c’est tellement plus rassurant pour le néophyte.

Dans le cœur de l’action, on oublie trop souvent lors d’un premier safari de photographier les éléments contextuels de son expérience, totalement absorbés par la découverte et la photographie de la faune sauvage.

Pensez à tous ces instants qui vont se présenter au quotidien (vie au camp, repas, rencontre, coucher de soleil, paysages) et qui au final vont rythmer et donner du fond et de la diversité à votre reportage en plus d’immortaliser certains souvenirs mémorables de votre séjour en brousse.

Astuces de pro

Comme le souligne Kyriakos Kaziras dans son interview (voir page 8 de ce numéro), « il ne suffit pas de montrer pour réussir une image ». Il existe certaines recettes qui permettent subrepticement de renforcer l’impact de vos clichés.

Il est toujours plus visuel quand on photographie la démarche d’un lion, d’une antilope ou d’un éléphant de saisir l’instant où l’une de ses pattes se soulève pour imprimer un rythme et un artifice visuel plus marquant.

De plus ce geste amène souvent un soulèvement de poussière ou une projection d’eau qui intime une dynamique visuelle. De même une lumière « dure », une nappe de brume ou la pluie peuvent donner des résultats saisissants.

En privilégiant des rendus high key, un contre-jour, l’irisation de la lumière sur le pelage d’un animal, un filé ou en sous-exposant son cliché pour faire apparaître nettement la pluie ou le souffle d’un animal sont des techniques qui produisent souvent d’excellents clichés.

De même inclure dans son cadre un ciel rempli de nuages ou un arbre isolé est le gage d’une sensation visuelle probante et la possibilité de donner une échelle au spectacle qui se déroule sous vos yeux.

Apprenez à jouer avec le clair-obscur pour ne révéler qu’une partie de votre sujet. Repérez les traits anatomiques de vos sujets, cuir de la peau, griffes ou pelage qui sont autant de rendus visuels qu’il peut être intéressant d’exploiter à travers des compositions très géométriques et des cadrages serrés.

Enfin une gestion précise de la profondeur de champ permet de s’affranchir d’une végétation disgracieuse ou trop présente pour montrer voire isoler votre sujet.

La végétation peut être aussi un atout quand elle vient souligner la profondeur d’un regard sauvage, créée un cadre dans le cadre pour renforcer la présence animale, n’hésitez pas à l’inclure dans votre composition pour en faire un élément visuel impactant.

Guettez et anticipez les comportements de vos sujets pour déclencher au moment opportun. Toute cette science du comportement animal doit vous servir pour obtenir les meilleures photos possibles et réussir des clichés moins conventionnels.

Lors d’une séance à côté d’un point d’eau, utilisez les reflets de sa surface pour révéler votre sujet, exploitez la texture des sols ou encore le corps noueux d’un tronc d’arbre. Fort de ce bagage, vous êtes désormais prêt à cette grande aventure en espérant que dame nature vous fasse son plus bel accueil. Bon safari !

LE MODE AUTOFOCUS

Impossible de ne pas jeter un œil au mode d’emploi pour saisir toutes les subtilités des systèmes autofocus actuels. Il existe de nombreux modes qui se cumulent avec le choix des collimateurs pour parfaire la mise au point.

En photographie animalière, le mode de prédilection reste le mode continu avec suivi du sujet. Selon votre appareil vous pouvez allouer un nombre de collimateurs (jusqu’à 61 chez Canon), les déplacer à votre guise ou en confier la gestion à l’appareil pour optimiser la précision de votre mise au point, et par conséquence la netteté de votre image.

En effet se reposer sur un seul collimateur central puis décadrer peut nuire à la qualité d’image sur un sujet aux mouvements brusques, car cela peut décaler le point le temps de la manipulation, surtout avec une profondeur de champ limitée.

Dans ce cas, il est préférable de ne pas décadrer à la prise de vue et de recadrer votre image en ayant fait la mise au point au centre grâce aux définitions généreuses des APN actuels. L’autofocus 100% automatique, en plein format peut être trompeur car seule la zone centrale est couverte et l’appareil va donner la priorité au sujet le plus proche.

Sachez que plus il y a de collimateurs actifs, plus long est le temps de calcul pour gérer le suivi. Notez par exemple que le mode de suivi 3D chez Nikon est basé sur la reconnaissance de couleurs des sujets ; à utiliser de préférence quand le sujet se détache de manière forte.

C’est très efficace quand les mouvements du sujet sont aléatoires. Privilégiez donc les modes suivi continu en évitant de donner la priorité à la netteté pour le déclenchement, car il sera impossible de déclencher tant que celle-ci ne sera pas acquise et cela a une incidence sur la capacité de la rafale

UNE BONNE PAIRE DE JUMELLES

C’est indispensable en safari. Au-delà d’un confort accru pour l’observation, vous vous surprendrez parfois à préférer l’observation aux jumelles plutôt que de prendre une photo. On vous invite à consulter la rubrique Équipement du N°2 (Phox Le mag Photo) pour choisir cet outil.

Privilégiez un fort grossissement (x8 ou X10) et un diamètre confortable (42) ainsi qu’un modèle doté d’une fabrication pour un usage outdoor et d’un système de stabilisation d’image.

LE NOIR ET BLANC, C’EST TENDANCE !

Longtemps la photographie animalière et de nature s’est cantonnée à systématiser la couleur plutôt que le noir et blanc.

Sujet tabou, des photographes (Nick Brandt, Laurent Baheux, Bruno Calendini, Kyriakos Kaziras) ont pourtant franchi le Rubicon en proposant des travaux noirs et blancs ou sépia qui ont fait leur succès. Il est désormais très courant de privilégier ce traitement.

C’est une vraie tendance. Et pour cause, il a fait entrer certains photographes dans des sphères plus artistiques que naturalistes et ouvert le champ à une vraie expression artistique.

RECHARGER VOTRE APN PAR USB-C

L’USB-C est l’interface qui se résume à un connecteur et non à une norme de transmission de données. Sa présence cache des caractéristiques et des performances bien différentes. Parmi ces dernières, le fait de pouvoir recharger l’accu de son boîtier.

Ainsi celui-ci pourra être rechargé en USB, via un câble USB-C, lequel assure la charge de l’accu via un powerbank, une prise allume cigare ou encore les prises USB désormais disponibles dans les véhicules récents.

En voyage ou en safari, ce système est d’une redoutable efficacité et utilité pour recharger ses batteries. D’autant que certains modèles autorisent la prise de vue pendant la charge comme les Panasonic Lumix S1 par exemple.

Photo : Britta Jaschinski

QUAND LA PHOTO ANIMALIÈRE RIME AVEC PHOTOJOURNALISME

Impossible de rester insensible au travail de Britta Jaschinski qui voue son métier et sa vie à la dénonciation de la maltraitance des animaux et du commerce illégal par l’homme.

Ses images montrent avec une force insupportable l’absurdité dont nos sociétés modernes font preuve : des pieds d’éléphants en guide de tabouret ou de cendrier, des pantoufles confectionnées à partir d’une patte d’ours…

Toujours plus absurde et plus indécent ! Célébrée et primée dans le monde entier, l’œuvre de Britta  Jaschinski est essentielle. Elle a co-fondé le projet Photographers against wildlife crime qui regroupe les plus grands noms de la discipline autour de cette cause. Respect !  www.brittaphotography.com

Ken Geiger

3 QUESTIONS À KEN GEIGER

Récompensé par le prix Pulitzer, ancien directeur de la photographie au National Geographic Magazine, Ken Geiger nous livre un avis précieux au regard de son immense expérience.

Qu’est-ce qu’une bonne photo animalière à vos yeux ?

Une bonne photo animalière suscite une émotion instantanée, chez le spectateur. Bien sûr, plusieurs aspects doivent être pris en considération, la lumière, le lieu, la composition… mais si la photo ne parvient pas à toucher d’un point de vue émotionnel, elle ne remplit pas pleinement son rôle.

Toute la difficulté, pour les photographes, consiste à admettre qu’il ne suffit pas de consacrer des heures et des heures de travail, de réflexion, pour prendre le meilleur cliché possible. À la fin, l’opinion que le public s’en fait se forge en l’espace d’une poignée de secondes. Quels que soient les moyens mis en œuvre.

Quel regard portez-vous sur l’évolution du matériel et la déferlante de boîtiers hybrides plein format ?

J’ai démarré ma carrière avec du matériel Nikon argentique. Quelques années plus tard, je suis passé chez Canon. J’ai gardé quelques-uns de mes boîtiers, mais cela fait longtemps que je photographie en numérique.

J’ai une préférence pour les modèles dotés d’une haute définition comme l’EOS 5DS R. Mais je vois avant tout les appareils comme des outils.

Et il faut prendre le plus adapté en fonction du travail demandé. En l’occurrence, récemment, dans le cadre d’une production pour la télévision, qui nécessitait des photos et un tournage en 4K, j’ai utilisé un hybride Sony, le plus indiqué étant donné le cahier des charges.

En tant qu’ancien directeur de la photographie dans la presse, notamment au National Geographic, comment jugez-vous la consommation d’images sur les réseaux sociaux, en particulier Instagram ?

L’instantanéité d’Internet, les réseaux sociaux et la démocratisation de la photographie exercent un impact profond sur la manière dont les images sont prises et regardées. Il est difficile de ne pas se désoler de la situation, en tant que photographe professionnel.

Néanmoins, il faut aussi souligner la prolifération d’images incroyables, qui nous parviennent des quatre coin du globe. Instagram n’a toutefois pas influé sur la manière dont j’appréhende la prise de vue. J’ai toujours pensé, quand je travaillais dans la presse en tant que photojournaliste, que la photographie permet de révéler des choses que l’on ne décèle pas à l’œil nu.

À cette époque, je m’efforçais d’être toujours au plus près de l’action. Aujourd’hui, ce qui me rend le plus heureux, c’est de me retrouver au beau milieu d’une étendue sauvage, et prendre des images noir et blanc, avec ou sans faune.

www.instagram.com/kengeiger

Eduardo

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