Utilisé en tant que substitut ou complément à la lumière ambiante, l’éclair d’un flash doit se plier aux mêmes lois physiques que cette dernière. Néanmoins, il possède aussi certaines caractéristiques de base qui lui sont propres. Explications.

 

 

Ce Mecablitz 52 AF-1bénéficie d’un nombre-guide de 52 pour 100 Iso. Il est donc assez puissant pour éclairer les sujets les plus lointains. Pratique !

 

 

 

 

Cet accessoire, le Lastolite Strobo Snoot se fixe directement sur votre flash et concentre l’éclair en un halo lumineux doux et calibré du meilleur effet en photographie de portrait. Voir le dossier sur LE PORTRAIT publié dans PHOX
Le Mag Photo N°4.

« La puissance d’un flash externe est donnée par son nombre-guide. Plus il est élevé, plus l’éclair de votre flash portera loin »

Quelques fondamentaux

Rien ne remplace un flash pour déboucher une ombre malvenue lors d’un portait ou pour fixer un instant furtif dans la rue ou dans un bâtiment sombre. Pour se faire, mieux vaut être équipé d’un flash, de préférence externe pour obtenir la puissance et l’orientation désirée de l’éclair. Dans ce registre les modèles dits « cobra » sont précieux. Leurs têtes orientables sont un atout pour bien diriger l’éclair lumineux et disposer d’une quantité de lumière nécessaire, quand celle du jour fait défaut, pour réussir et bien exposer son cliché. De substitution, l’éclair produit un éclairage artificiel qui a deux atouts : il est continu et la température de couleur (5000 à 5500 Kelvin) équivaut à la lumière du jour « moyenne ». 

La puissance d’un flash est exprimée par son nombre-guide. Plus ce dernier est élevé, plus le flash est puissant et à même d’illuminer un sujet lointain. Le nombre-guide vous aide également à calculer la portée maximale de votre flash. Pour cela divisez-le par l’ouverture du diaphragme utilisée. Un flash avec un nombre-guide de 40 offre donc une portée de 10 mètres à f/4 et de 5 mètres à f/8; en ouvrant le diaphragme à f/2, il est même possible d’exposer correctement un sujet à 20 mètres. 

Sachez qu’un nombre-guide est généralement donné pour 100 Iso, le choix d’une sensibilité supérieure permet d’employer une valeur d’ouverture plus fermée ou d’éclairer un sujet plus distant. Gardez aussi à l’esprit que la portée réelle d’un flash dépend de la présence d’objets réfléchissants autour du sujet et de la focalisation du réflecteur du flash. Enfin il faudra vous familiariser avec la loi du carré inverse de la distance (voir encadré). 

Du fait de cette limite physique, il faudra veiller sans cesse à bénéficier de la puissance lumineuse la plus juste pour exposer correctement votre cliché. Dernier écueil, contrôlez son intensité. Ainsi si vous souhaitez figer un mouvement, il vous faudra réduire la durée de l’éclair au minimum pour bénéficier d’une intensité maximale sans pour autant que l’arrière-plan ne paraisse trop sombre et/ou le premier plan trop clair par rapport au sujet principal.

 

La synchro flash

Quel que soit votre sujet, immobile ou non, il est primordial que la production de l’éclair soit synchronisée avec le fonctionnement de l’obturateur pour saisir le sujet au moment même où il est illuminé par le flash. C’est le rôle de la synchronisation au flash (aussi appelée synchro ou synchro flash). Il existe quatre variantes : synchro au premier rideau, synchro au second rideau, synchro vitesse lente et synchro haute vitesse. Quant à la vitesse de synchronisation, il s’agit de la vitesse maximale à laquelle les deux rideaux de l’obturateur du plan focal d’un appareil reflex sont complètement ouverts. C’est une limitation qui n’affecte pas par exemple l’obturateur électronique qui équipe les appareils hybrides ; la synchronisation se faisant à toutes les vitesses d’obturation.

 

La mesure de la lumière

Les flashs modernes offrent deux systèmes de mesure d’exposition. La première, prénommée TTL (Through The Lens) se fait à travers l’objectif et est gérée par le boîtier et le flash. Elle mesure la lumière réfléchie par le sujet et intègre la distance séparant le flash et ce dernier dans le calcul de l’exposition. La seconde compare l’écart de luminance entre la lumière ambiante et l’éclair du flash pour déterminer l’emplacement du sujet à l’intérieur du cadre et ainsi éliminer d’éventuelles erreurs d’exposition lors d’une recomposition de l’image. Une autre solution consiste à employer un flashmètre, dont certains sont capables de mesurer la lumière réfléchie, mais qui sont généralement employés en photographie de mode, de portrait ou de publicité pour mesurer avec précision la lumière incidente sur le sujet. Ainsi, il est possible d’évaluer l’intensité d’éclair du flash, puis de régler l’exposition en conséquence.

 

Développer votre créativité

Photographier avec un flash ne se résume pas au seul fait d’éclairer directement son sujet depuis son boîtier pour pouvoir le photographier. Ainsi il existe des réglages qui permettent de déporter un flash (esclave), lequel est piloté à partir du flash interne ou monté sur le boîtier (maître). De fait il est possible de placer le flash esclave où vous le souhaitez sur un socle ou tenu à la main par une personne astucieusement placée près du sujet pour obtenir des variations d’intensité ou des rendus clairs/obscurs esthétiques sur votre sujet ; celui-ci recevant les réglages depuis le boîtier pour produire l’éclair voulu

Attention ce système de flash sans fil nécessite que votre boîtier et votre flash gère le protocole maître/esclave entre deux flashs. De même il est possible de produire une lumière plus diffuse et moins directe en orientant la tête d’un flash cobra contre les murs, un plafond ou un réflecteur afin d’obtenir un rendu plus doux. Enfin l’emploi d’accessoires pour contrôler l’intensité de l’éclair (Lastolite Strobo Snoot) que l’on monte directement sur la tête d’un flash permet de créer des effets de lumière inégalés… De fait, la lumière qui illumine votre sujet devient un réel enjeu créatif qui selon les accessoires que vous utilisez permettra d’obtenir des effets personnalisés et impactant pour vos clichés.

 

Passer en mode manuel

Il existe des situations dans lesquelles le réglage manuel du flash est indispensable. Si, par exemple, vous souhaitez figer des mouvements ultra-rapides ou des événements invisibles à l’œil nu, il est important que l’éclair du flash soit extrêmement bref. Le battement d’ailes d’un colibri ou l’impact d’une goutte d’eau dans un bol. En sélectionnant le mode Manuel sur le flash, vous pouvez faire en sorte que l’éclair reste suffisamment bref pour figer des mouvements rapides. Pour cela il suffit de réduire l’intensité d’éclair à des petites valeurs, par exemple 1/64 ou 1/128. En règle générale, plus cette intensité est réduite, plus la durée d’éclair est brève.

 

La loi du carré inverse de la distance

En physique, une loi en carré inverse est une loi postulant qu’une quantité physique (énergie, force, ou autre) est inversement proportionnelle au carré de la distance de l’origine de cette quantité physique. En photographie cela signifie que l’intensité d’une source lumineuse est inversement proportionnelle au carré de la distance qui la sépare du sujet. 

Au fur et à mesure que cette distance augmente, l’intensité de l’éclairage décroît de façon exponentielle. Par rapport à un sujet placé à 1 mètre du flash, un sujet situé à 2 mètres  ne reçoit plus qu’un quart de la lumière émise. 

Il est très facile de se rendre compte de l’effet de cette loi physique en utilisant le flash incorporé à l’appareil. Si celui-ci n’a aucun mal à illuminer correctement un sujet situé à proximité de l’appareil, un autre sujet placé beaucoup plus loin ne reçoit plus assez de lumière pour garantir une exposition satisfaisante.Et ce, même en jouant sur d’autres paramètres d’exposition que l’ouverture et/ou la sensibilité. Seul remède pour parer à cette limite, opter pour un flash externe plus puissant !